Golden triangle

CIMG998120 mai, dans le bus,

Quand la guichetière nous a vendu les tickets ce matin là et qu’elle a prononcé ce si fameux « same same* » trois fois de suite, Seb a lâché un fatal « j’le sens pas ».

Evidemment, il m’a pas fallut une demie-seconde pour lui tomber dessus et crier au racisme ! « Ca veut dire quoi ça tu le sens pas, pourquoi tu vois toujours noir, pourquoi rien ne va jamais, pourquoi tu râles encore, pourquoi, pourquoi, POURQUOI ?!!! »
Il a eu beau me ressortir tous les exemples de ces fois ou rien n’avait marché comme prévu, ou tout avait foiré, j’étais bloquée, je voulais rien entendre. On avait demandé un ticket pour Mae Salong, elle avait dit « same same », on avait payé, point barre.

Là pour le coup, je vois pas ce qui pourrait foirer. C’était simple comme bonjour, on voulait aller là-bas, elle nous a vendu des tickets pour aller là-bas. Point.

Notre bus est arrivé. Il n’allait pas à Mae Salong. Bien. Ca commence.
Personne ne parlait anglais. Bien. Ca continue.
On a traversé la station de bus, à la recherche d’un traducteur. Finalement on a embarqué, le bus nous déposerait « quelque part » et de là on prendrait un autre bus pour Mae Salong. On n’a même pas cherché à savoir s’il fallait repayer un ticket. Restons-en aux choses simples.

En fin d’après-midi, on est arrivé à ce « quelque part » qui ressemblait à un village et on nous a déposé sur le bord d’une route. On a plus ou moins compris qu’il fallait qu’on rejoigne la place du marché. Là, j’ai pensé « j’le sens pas », mais je pouvais pas le dire à Seb…

Evidemment, on n’a pas trouvé de bus, pas parce qu’on a mal cherché, mais parce que pour aller à Mae Salong, y en a pas (mais ça, on le savait pas encore…) En revanche, les songthaew eux font la navette. (Des camionnettes ouvertes à l’arrière qui servent de taxi et qui peuvent transporter une dizaine de personnes.) Sauf que quand la camionnette est vide tu payes les places vides… On a mis longtemps à se comprendre parce qu’encore une fois, personne ne parlait anglais. Mais les sourires sont internationaux ! Finalement je me suis retrouvée au téléphone avec la femme d’un de ces chauffeurs, elle m’a dit « Mae Salong, mais oui bien sur ! » On était rassuré. Et puis elle a dit « C’est 600 Baths. » (15€) On était baisé.

Pardon pour la vulgarité mais je ne vois pas quel mot exprimerait aussi bien la situation. Deux touristes, un village, pas d’endroit où dormir, pas d’autre choix que d’aller à Mae Salong, et les chauffeurs, tout puissants. Aucune négociation possible.

CIMG9952Mae Salong, enfin…
Le portefeuille allégé de 500 bats (on a quand même réussi à négocier un peu !), nos sacs sur le dos, la fatigue, l’impression de s’être bien fait avoir… Mais devant nous, un village, tout petit, des villageois, tout sourire, et surtout, des kilomètres et des kilomètres de plantations de thé qui s’étendent à perte de vue…

Mae Salong, en gros c’est une rue qui relie chaque maison et chaque usine de thé d’un village vallonné.
Ca monte, et ça descend… Encore. Et encore.

* Que je vous explique en quelques mots… Depuis le début de notre périple asiatique, « same same » c’est partout, tout le temps. Mais en vrai l’expression complète c’est « same same but different », traduisez donc par « c’est pareil mais c’est différent ». Ayez donc tous vos sens à l’affut dès que vous entendez cette chanson là, derrière, y a toujours une arnaque !

21 mai, Mae Salong,

CIMG9975Des petits villages, le vent qui souffle, des plantations de thé, des chenilles grosses comme ma main… Et surtout cette incroyable sensation de liberté. Pas de guide qui nous accompagne, pas de touristes qui suivent nos pas. Juste nous et la nature. On s’était pas senti aussi libre depuis la Nouvelle Zélande.

Mine de rien il n’est pas si facile de voyager en Asie, ou c’est justement peut être l’inverse. On est rarement seul, on réserve par sa guesthouse et on suit le mouvement. On vient nous chercher on part avec le guide, on reste entre touristes et puis on rentre. Ici c’est tellement peu organisé qu’il n’y a même pas de bus qui desservent Mae Salong ! Il y a quelques hôtels, quelques restaurants qui font que tu ne te sens quand même pas perdu mais on n’y a pas croisé un seul touriste… On était complètement seul mais très à l’aise, en complète harmonie avec l’environnement. Vous l’aurez compris, on a complètement adoré ce séjour !

CIMG0031Nos 4 heures de marche nous ont mené à travers la montagne et les villages alentours. On a cru être perdu 500 fois mais on a quand même réussi à rentrer. Éreintés, (ça monte!!!) mais plus content que jamais. On s’est jeté sur un plat de nouilles de là-bas (malheureusement j’ai oublié comment ça s’appelle, ma si vous passez par là, arrêtez vous au nooddle shop, ça paye pas de mine mais c’est trop bon !!!)

La nuit tombée, en rentrant à notre chambre, on est passé devant une fabrique de thé, la porte était ouverte, alors on y a passé la tête. A l’intérieur, y avait d’autres têtes et elles nous ont invité à entrer. Il y faisait très chaud et l’atmosphère était tout à fait détendue. Les nanas papotaient, les hommes fumaient, les grosses cuves tournaient et le thé embaumait.

On n’a pas vraiment compris comment tout cela fonctionnait. Les feuilles de thé sur le sol, puis dans les machines qui tournent et qui chauffent et de nouveau les feuilles de thé sur le sol. Un manège infini, mais un manège qui sentait très bon. On se faisait des sourires, ils nous regardaient l’œil en coin, pour le coup là je suis pas sure qu’ils aient été très habitués aux touristes et puis on les a laissé travailler et on est allé dormir, on l’avait bien mérité. Avant de s’endormir on s’est dit que nulle part en Asie on avait rencontré de peuple si accueillant et de contrées si agréables.

22 mai, Sop Ruak,

CIMG0012Le proprio de la guesthouse dans laquelle nous logions (qui a refusé nos passeports pour le check-in, qui a souhaité que nous ne payons qu’à la fin de notre séjour, qui m’a offert sa mangue parce que je bavais trop devant, j’en passe tellement il était sympa) nous a aidé à organiser notre trajet jusqu’à Sop Ruak, LE triangle d’Or…

Nous avons donc payé, attention accrochez-vous, je disais donc, nous avons payé 60 Baths pour rejoindre le village où le bus nous avait déposé la vieille et où nous avions dû payer 500 baths pour venir jusqu’ici. 60 Baths !!!! Ohhhh, c’est pas grand chose, ils ont juste multiplié leur prix par 10…

Encore une fois on s’est fait déposer au bord d’une route, on nous a dit d’attendre ici et qu’un bus arriverait… Mouais…

Un bus est bien arrivé, et pour presque rien il nous a emmené jusqu’à Sop Ruak… C’est louche. Elle est où l’arnaque ? Nan mais parce ça existe pas les trucs faciles qui fonctionnent ici, on le sait bien !

C’était tellement beau que le chauffeur du bus a même poussé le vice jusqu’à nous déposer devant la guesthouse où nous voulions dormir…

Sans arnaque aucune… Wouahhh…

Bon par contre Sop Ruak, c’est pas forcément utile d’aller jusque là-bas. C’est une toute petite ville ultra touristique tout au nord de la Thaïlande d’où l’on peut voir le Laos et la Birmanie. Alors voilà, ‘y avait nous, à Sop Ruak, ‘y avait le Mékong, à nos pieds et en face le Laos et la Birmanie. C’est tout. On a vu des arbres…

Ah nan c’est pas tout !!! Sop Ruak c’est quand même les meilleures Pad Thai de Thaïlande, dans une petite gargotte sur le bord de la route, pour 30 baths (moins de 1€)…

Et c’est aussi le Hall of Opium, un musée sur cette jolie plante qu’est l’opium et dont les ravages sont catastrophiques.
On y est resté quelques heures et on s’est fait mettre dehors ! On serait bien resté un peu plus mais le musée fermait. A la sortie une voiture nous attendait pour nous ramener jusqu’à nos vélos… Grand luxe…

Ah oui et puis c’est ma coiffeuse aussi ! J’ai pas compris un mot de ce qu’elle m’a dit et je crois qu’elle a rien compris non plus quand je lui ai parlé. Mais je suis ressortie au bout de 10 minutes avec quelques centimètres en moins ! Efficacité garantie !

23 mai, Chiang Rai,

Il pleut, il pleut bergère… Rentre tes blancs moutons…

24 mai, sur la route pour Sukhothai,

Une journée dans le bus, notre guide du routard avait dit 7 heures de trajet, le chauffeur dit 5.
Seb et moi on prend les paris.
Il dit 8, je lui dis « t’abuses ! » Finalement on a mis 9 heures…

Non non pas de soucis, le bus allait bien où on voulait aller, la route était bonne et ils parlaient même anglais !
Mais le bus a pris feu… Rien que ça… Bon pas le bus lui même, juste les freins. Mais on a quand même été évacué et installé dans un bus de rechange apparu de nulle part !

25 mai, Sukhothai,

Sur nos super bolides de vélos tout cassés on a visité les temples classés au patrimoine mondial de l’Unesco ! Le soleil nous a pas découragé et on y est resté une bonne partie de la journée ! Le guide du Routard dit qu’on peut zapper Ayutthaya si on va Sukhothai mais que l’inverse serait fou. Mais nous on dit que Ayutthaya c’est quand même vachement mieux ! Après c’est une question de goût hein ! On n’a pas de photo de Ayutthaya parce qu’on y était il y a quelques années…
Quelques photos de Sukhothai pour vos beaux yeux quand même ! Vous pouvez aussi jouez à « Où est Momo » parce que je suis bien cachée sur l’une d’entre elle !

26 mai, sur la route pour Bangkok,

3 réflexions sur “Golden triangle

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