Tamil Nadu

4 mai, Chennai

Chennai, ça ne vous dit rien ? Mais c’est Madras ! Mais oui mais c’est bien sur me direz-vous ! Je ne sais pas pourquoi, toutes les villes ont deux noms ici…

CIMG0221Comme vous pouvez vous en douter, on attendait Chennai avec grande impatience. Bon en fait, ce qu’on attendait par dessus tout, c’était quitter Calcutta. C’est chose faite. Maintenant, on voudrait quitter Chennai… C’est trop grand, trop bruyant, trop sale… Mais on ne va pas se laisser abattre hein ?! Je suis une Guettet Deleau moi ! C’est pas quelques déchets qui vont m’effrayer !

Bon par contre on a complètement réorienter le voyage. On avait prévu de s’imprégner totalement du pays, de sa culture et de ses habitants, c’est à dire se déplacer en train et en bus, on a finalement opté pour un chauffeur. Nan mais avant que vous ne criiez « oh les bobo ! », je vous explique. Ici tout est compliqué, déjà faut se méfier de tout le monde, ensuite y a 25 gares par ville, ensuite y a pas d’arrêts de bus et en plus, quand le bus passe, il ne s’arrête pas, il faut courir pour sauter dedans. Et moi je ne suis pas Tomb Rider, donc je ne saute pas dans les bus en marche. Bon et en plus, déjà que j’ai du mal à sortir de la chambre, je ne m’imagine même pas mettre un pied dans un train. Donc, oui on fait les riches. On a loué les services d’un chauffeur pour les 24 jours suivants. Avec lui on va faire le Tamil Nadu et le Kerala.

D’ailleurs pour l’anecdote, on s’est fait engueuler par un guide qui voulait qu’on le suive, il a sauté du bus, on a fait nos trouillard et attendu que celui-ci se gare… Et ça a donné un truc du genre « mais qu’est ce que vous avez foutu, je vous attends comme un con moi et vous, vous restez tranquilles dans le bus, on n’a pas que ça à faire ! »

En attendant que notre chauffeur vienne nous chercher demain, on est parti visiter la ville en bus touristique. C’était hyper nul… On a fait quelques musées au pas de course, où il n’y avait décidemment pas grand chose à voir, on a enchainé sur des temples et autres sites religieux. La journée aurait été ratée si nous n’avions pas eu la chance de déguster des jus de fruits frais trop trop bons ! On a fini la journée sur la plage où nous attendaient des milliards de déchets et un chien mort. Et les Indiens se baignaient quand même. L’inde, ça va être très très dur…

Il est 22 heures, à la fenêtre une voiture blanche, celle des chauffeur en Inde. C’est quand même pas le notre nan ? En plus il à l’air de dormir dans sa voiture… Laisse tomber, on verra demain…

5 mai, sur la route pour Mamallapuram

Perulam. C’est le nom de notre chauffeur, il a l’œil taquin et le sourire discret et surtout, c’était bien lui qui nous attendait déjà hier soir… Avec lui on a définit notre trajet, on lui dit ce qu’on souhaite faire, il nous dit quand et comment.

On part donc pour Mamallapuram, une toute petite ville en bord de mer classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco, surtout les monuments historiques en fait. On craint le nombre de touristes sur place car c’est une ville principalement touristique mais quand on arrive il n’y a pas un chat, tout est fermé car les touristes, il n’y en a pas, pas à cette période là en tout cas.

On trouve une petite chambre pas trop chère qui se vante d’avoir l’électricité 24h/24 sauf entre 15h et 19h et quand je demande du papier toilettes, sans une once de gêne et même avec un petit sourire narquois mais gentil on me répond « oh no we don’t have… » devant mon silence on renchérit, fier « but we have water ! »

Tu voulais de l’authenticité ? Bah voilà.

Perumal nous mène de vestige en vestige, c’est sympa mais faut avouer qu’après Angkor tout semble moins chouette… Nous sommes devenus des voyageurs blasés… Alors évidemment l’histoire n’est pas la même, ici on parle de Pallava et d’Inde dravidienne mais tout cela nous laisse de marbre, d’abord parce qu’on a vraiment du mal à comprendre de quoi il s’agit et puis parce qu’on a aussi quelques difficultés à s’y intéresser…

Sur place on se bat contre une rangée de guides qui voudraient nous faire la visite contre quelques centaines de roupies, contre une armée de mendiants, contre des dizaines de vendeurs à la sauvette qui en veulent à notre argent, contre les enfants mendiants… En Inde le touriste caucasien est constamment sollicité, il est toujours question de mendicité, de tips ou de backshish. Ici les services ne sont pas rendus gratuitement et la main tendue ne se satisfait qu’une fois grassement remplie.

6 juin, Kanchipuram

CIMG0342Petite excursion à la journée dans une des plus vielle ville d’Inde. Et ici, on y visite quoi à votre avis ? Mais des temples pardi ! Elle était dure celle-là hein !?

Alors toujours des vieilles pierres, le ciel bleu, des vaches sculptées, du soleil et surtout cette atmosphère absolument paisible et sereine qui se dégage de ces temples vidés de leurs fidèles. Seuls quelques touristes viennent encore rendre hommage à ces dieux et à ce travail architectural fabuleux et indéniable pour l’époque (VIème siècle quand même !)

Sur la route nous avons croisé ces femmes au dos courbu à passer de trop nombreuses heures la tête dans la terre, telles des autruches, à planter, arracher et récolter le riz que nous mangeons tous les jours en Inde et ailleurs. Si elles ont la chance de recevoir un salaire correct pour le pays, elles ne travaillent malheureusement que quelques mois dans l’année.

Nous avons rencontré aussi celles et ceux qui, de leurs mains expertes, tissent les saris portés par toutes les femmes indiennes. Plusieurs jours sont nécessaires pour fabriquer un sari qui fait jusqu’à plusieurs mètres de long. Certains sont en soie, d’autres en coton mais tous sont colorés. Les fils sont colorés puis sèchent librement au soleil. Les hommes aussi ici portent de long tissu qu’ils replient pour faire une jupe. Si les Indiens portent ces jupes et les Indiennes les saris c’est parce que pendant très longtemps ils n’ont pas su coudre. La couture leur a été apportée par les Musulmans lors de leur arrivée en Inde, alors en les attendant ils ont fait au plus simple, et la culture des jupes et saris est restée !

7 juin, Gingee

CIMG0387Ahhhh Gingee !!! Vraiment chouette ! Dans les vestiges d’une forteresse vieille du XVIème siècle nous avons joué à Indiana Jones. Installée à cheval sur plusieurs collines la forteresse s’étend sur 6 kms. Peuplée aujourd’hui principalement par nos amis les singes, elle attire cependant quelques visiteurs mais le soleil et les nombreuses marches qu’il faut gravir pour arriver au sommet découragent bon nombre d’entre nous.

CIMG0392Mais nous ne sommes pas n’importe que n’est-ce pas ? Nous avons donc atteint le sommet d’une première colline après quelques pauses et 2 litres d’eau. De là-haut on toise les chèvres qui broutent et surtout on s’apprête psychologiquement à affronter la deuxième colline qui nous attend. Sur le chemin de notre deuxième victoire sur les hauteurs de la nature nous avons été stoppés par Conchita, ses parents, ses frères et sœurs, ses oncles et tantes, ses voisins, ses prof, ses amis et tous les autres… Quand l’un d’entre eux s’est jeté sur le sari d’une jeune femme, qu’elle s’est mise à crier, que son enfant dans ses bras s’est mis à pleurer, on a pressé le pas, fait demi-tour et rejoint la voiture. Portières fermées… Ahhhh sauvés ! Singes – 2 / nous – 0. Il est difficile d’être à la fois courageux et prudent en même temps… De loin, dans le vent, on a cru entendre les collines rigoler doucement… On ne les brave pas si facilement deux fois de suite…

Ce qu’il y a d’amusant et d’étrange par ici c’est le rapport des Indiens à la photographie… Qu’ils soient photographes ou sujets d’ailleurs. Lors de nos visites, de nombreuses familles ont demandé à se faire prendre en photo, ils posent, fiers et souriants, les dents offertes à l’objectif et puis s’en vont, comme ils sont venus, dans un sourire. Jamais ils ne demandent à voir la photo, jamais ils ne demandent à ce qu’on leur envoie la photo. D’autres fois encore, ils souhaitent que je pose avec eux pendant que Seb prend la photo avec leur appareil. Dans ces cas là, je m’imagine trônant sur le meuble du salon à côté de Shiva, Ganesh et tous les autres, devant feu grand-père et grand-mère. Oui mon ego va très bien, merci. Quand ils sont photographes, ils me prennent en photo, jamais Seb, Seb ils s’en foutent. Rarement, ils me demandent ce que j’en pense, alors la plupart du temps, ils essayent faussement d’être discrets et alors je vois les téléphones et appareils photo qui suivent mes déplacements. Si je suis d’humeur joyeuse, je leur évite de jouer les paparazzi, je prends la pause et leur offre mon plus beau sourire. Mais parfois leurs manières me dérangent et je leur tourne le dos. Une Européenne de dos, ça fait tout de suite moins d’effet.

Etre blanc, c’est être l’attraction. A notre passage les gens s’arrêtent de parler et rigolent. Si j’étais parano je serais folle ici. Les petites filles me regardent comme si j’étais tout droit sortie d’un compte de fée, elles me voient comme Cendrillon, Ariel et Belle réunies, alors que moi j’ai l’impression de débarquer de Pluton.

Le soir on a dormi à Tiruvanamalai, une petite ville avec un grand temple et c’est tout. Mais nous n’avions pas envie de le visiter. Au retour de notre repas, Perumal avait garé sa voiture devant l’hôtel, il dormait sur le siège avant, plus ou moins bien installé.

Quelques photos de Gingee !

8 juin, Auroville

« Qui n’a jamais entendu parler d’Auroville » dit le Routard. Bah nous. Ca serait bien la première fois que notre culture nous fait défaut dis-donc…

On est donc arrivé là-bas sans vraiment comprendre ce qui nous attendait. En revanche on a vite saisi qu’il y avait ici quelque chose de plus, quelque chose de différent. Il y avait plus que cette boule gigantesque qu’on appelle le Matrimandir, plus que le centre d’accueil destiné aux touristes. On a erré pour comprendre ce qu’il y avait à comprendre et on n’a pas compris. Et puis on a croisé Debu et alors là, on a compris. Il nous a dit pourquoi il se sentait si bien ici, pourquoi au contraire parfois il s’y sentait mal et pourquoi il restait…

CIMG0501« Il devrait y avoir quelque part sur la terre un lieu dont aucun n’aurait le droit de dire « il est à moi » ; où tout homme () pourrait vivre librement comme un citoyen du monde (); un lieu de paix, de concorde, d’harmonie (). En résumé, ce serait un endroit où les relations entre êtres humains, qui sont d’ordinaire presque exclusivement basées sur la concurrence et la lutte, seraient remplacées par des relations d’émulation pour bien faire, de collaboration et de réelle fraternité. » Mère, 1954

Auroville c’est ça, une utopie qui tente d’exister. Cette communauté rassemble 2000 personnes de tous pays, venues chercher la paix et l’épanouissement. Là-bas, ils vivent, méditent et vénèrent Mère et Sri Aurobindo qui ont fait naître ce projet.
Auroville, ce n’est pas une ville c’est une expérience de vie, un lieu tout entier dédié à la méditation.

C’est en 68 que tout commence, 45 ans plus tard le rêve est encore loin d’être devenu réalité. Au sommet de cette ville qui se veut pourtant sans hiérarchie, des multinationales et le gouvernement indien financent le projet. Difficile donc de croire à une totale autonomie et indépendance d’Auroville. Le vers est dans la pomme.

CIMG0486Si le projet peut se vanter d’être une source majeure d’emploi pour les 40 000 habitants des villages environnants il ne dit pas que les Auroviliens (qu’ils soient médecins ou balayeurs, ils touchent le même salaire, d’ailleurs on n’appelle pas ça un salaire, il s’agit d’un service rendu à la communauté, on n’est pas chez la capitalistes là hooo !) doivent quitter la ville de temps à autre parce que leur « récompense financière » est si minime qu’elle ne leur permet pas de vivre. Le système de troc mis en place est encore loin d’être efficient.

Ici on achète sa maison mais on ne la possède pas, si on la quitte, on la perd, il n’y a pas d’héritage, elle appartient à la communauté. Donc à moins de venir à Auroville les poches pleines il n’est pas possible de se faire construire une maison. La mendicité est interdite.

CIMG0503Je passe sur les limites économiques, de gouvernance et de société dont est victime Auroville. Je passe aussi sur la solitude ressentie par bon nombre d’Aurovilliens dans une ville qui se veut pourtant être LA ville de l’amitié…

J’ai d’abord commencé à être complètement sous le charme de cette idée qui avait pris corps à Auroville. Mais plus Debu répondait à nos questions plus Auroville me semblait n’être finalement que ça… Une très belle idée, ayant peine à aboutir…

On pourrait écrire un roman sur Auroville, mais eux-mêmes en parleront bien mieux que moi… Alors, n’hésitez-pas ! guestservice@auroville.org.in

8, 9 juin, Pondichéry

En tant qu’ancienne colonie française on s’attendait à une petite France en Inde, en fait c’est une petite Inde en Inde. Du monde de partout, du bruit, des déchets, des temples, des églises, des mosquées…

CIMG0526J’aime la paix et le respect de ces hommes et femmes de toutes religions qui règnent en Inde. D’ailleurs, un jour Perumal nous a demandé si nous étions chrétiens. Quand nous lui avons répondu qu’en effet la France était principalement chrétienne mais que ni Seb ni moi ne partagions ces croyances, il n’a pas compris. En Inde on peut être hindou, musulman, chrétien, animiste, on peut même décider de vénérer ses doigts de pieds mais on ne peut pas être « rien », ce n’est absolument pas concevable. Etre « rien », ça n’existe pas.

A la Swadesh Guesthouse on a rencontré Pauline et Bruno, elle bénévole depuis 6 mois dans une école pour orphelins et lui, fraîchement débarqué et en plein repérage car guide de voyage pour les salariés de France Télévisions. Du coup la ville, on l’a visitée un peu rapidement, on était mieux avec eux… Ca faisait longtemps qu’on n’avait pas rencontré de Français…

Et puis quand on est sorti se balader, tout était fermé, c’est pas de notre faute ! Papeterie, fermée / ashram, fermé /éléphant, disparu /… Bon, précisons quand même que Pondi, c’est plus calme qu’ailleurs. Et en plus y a la mer. Y a pas de plage, mais y a la mer et ça c’est chouette. Et puis y a aussi de très belles façades de maison. La ville a été divisée en deux avec l’arrivée des Français, d’un côté la ville blanche, vidée des Indiens, de l’autre la ville noire. Très imagé et absolument charmant, n’est-ce pas ? Ahhh qu’il est bon d’être Français… (Vous saisissez l’ironie hein ?…Nan mais il vaut mieux préciser, on sait jamais… Pour ceux qui ne me connaissent pas, qui me connaissent mal ou qui croient me connaitre…)

Les débuts sont difficiles avec Perumal. Il est absolument gentil, serviable et parfait. Mais on n’arrive pas à se faire à l’idée d’avoir un chauffeur. Perumal nous attend quand on visite, Perumal nous emmène manger, Perumal dort dans sa voiture, Perumal dit oui quand on demande. Jusque-là, il a refusé les thés qu’on lui a proposé, il n’a pas voulu non plus manger avec nous et quand on lui a proposé de lui payer une chambre, j’ai peur que nous l’ayons offensé.

Sans titre Une petite photo qui n’a rien à voir mais ça met un peu de couleur dans ce paragraphe…Alias, un Indien au français parfait (gérant de la Swadesh guesthouse) a répondu à toutes nos questions. On lui a dit qu’on ne savait pas comment faire, comment agir avec Perumal, qu’on n’était pas à l’aise, qu’on ne voulait pas le blesser mais qu’il était difficilement concevable pour nous de dormir dans un lit quand lui, 52 ans, dormait dans sa voiture.

D’après lui il faut déjà commencer par accepter l’idée que le principe de confort en France n’est pas le même qu’Inde. Etre chauffeur en Inde, c’est un beau métier, il ne mendie pas, a un toit et de quoi se nourrir, il n’est donc pas à plaindre. S’il refuse le thé c’est parce qu’il préfère qu’on ne dépense pas pour lui mais qu’on lui donne à la fin plus de tips (pareil pour la chambre) (le prix que nous payons à Moksha Tours ne comprend pas les tips pour Perumal, il faut compter entre 2,5€ et 3 € par jour), s’il ne mange pas avec nous c’est peut être qu’il n’est encore pas très à l’aise, les coutumes de nos pays étant très différentes. En résumé, être respectueux ça suffit déjà amplement. En revanche ce qu’on peut faire de temps en temps c’est accepter que lui choisisse l’hôtel dans lequel on va dormir, ainsi d’une il est commissionné et de deux il y toujours un parking dans lequel il peut se garer et avoir plus d’intimité pour dormir, parfois même, il a une chambre. La chambre nous coûte certes un peu plus cher mais au moins il a un peu plus de confort. Alors un jour sur deux c’est lui qui choisi la chambre.

IMAG0615Le dernier matin on a été réveillé par une énorme chenille colorée, venue nous chatouiller les pieds. Dans ces cas là on pense à notre lit en France. Il nous manque…

Je rêve de mon lit, de mes draps, de mes oreillers, de ma douche, de mes toilettes, d’une vrai serviette, d’une salade verte avec des tomates et de la feta, de poisson, de ma machine à laver, d’une jupe et de chaussures à talons, d’un peu de maquillage, d’une vraie coiffure, d’un bon verre de vin…

On n’a pas les mêmes rêves hein ?…

10 juin, Tanjore

La 15ème plus grande ville du monde en l’an 1000… Ca claque hein ? Des temples, des temples, des temples…

On connait le rituel sur le bout des doigts maintenant… On dépose nos chaussures à l’entrée, on donne quelques billets à notre gardien de chaussures (tous les métiers sont bon pour lutter contre la pauvreté. Mais bon, gardien de chaussures c’est plus de la mendicité déguisée qu’un métier…) On donne encore quelques billets aux lépreux, aux aveugles et aux femmes aux jambes grosses comme dix de mes jambes de quand j’étais quelque peu embompointée (si si ça existe ! J’ai vérifié dans le Larousse Momo…), on visite, on coure parce que nos pieds nous brûlent, on se fait bénir contre quelques billets et puis on repart pour un autre temple et la cérémonie des chaussures-lépreux-bénédiction recommence.

Une première petite galerie qui n’a rien à voir pour égayer le paragraphe…

A l’hôtel, y a ceux qui te portent ton sac, ceux qui t’ouvrent la porte, ceux qui t’accompagnent dans la chambre, qui éclairent la lumière et qui essaient d’être utile, parce que comme ça, ils peuvent tendre la main et attendre les tips. En Inde, y a pas une journée où l’on n’est pas sollicité. C’est vrai que tu donnes jamais grand-chose, que ce n’est pas ça qui va trouer ton budget mais c’est fatiguant. Alors, on donne, de temps en temps, pas tous le temps parce que ce n’est pas possible, parce que parfois dans un seul temple (quand tu en visites 5 dans la journée) Il y a peut être 30 ou 40 mendiants. On donne pour eux mais aussi, il faut bien se l’avouer, pour nous, pour être en paix avec notre conscience. Oui parfois l’Inde ça ressemble à un film, oui y a des lépreux, oui y a des malades, oui ils sont très très maigres, oui parfois y a dix enfants qui t’encerclent et qui disent « pleaaaasssseeee, give me monney » , non tu n’y peux rien et non tu ne finiras pas par t’y habituer.

Une deuxième petite galerie qui n’a rien à voir pour égayer le paragraphe !

11 juin, Trichy

CIMG0654Il nous aura fallu 10 jours, 10 longues journée pour qu’enfin le charme apparaisse. Et sans qu’on s’en rende vraiment compte, ce 11 juin à Trichy, grande ville grouillante, bruyante et sans grand attrait, on s’est dit à demi-mot, que l’Inde, mine de rien, en fait c’était chouette… On n’a pas su vraiment définir le pourquoi du comment mais on s’est laissé porter par ce nouvel état d’esprit qui nous gagnait petit à petit… A ce moment là du voyage en Inde, on s’est senti vraiment bien.

IMAG0830A Trichy on a rencontré Murali, patron de Moksha Tours, l’agence de voyage avec laquelle nous avons loué les services de Perumal. D’abord il nous a offert un thé, des beignets et ensuite il a entamé la conversation. Le sujet ? La hausse des prix pour refaire peindre une voiture. Il a poursuivi en disant que ses concurrents étaient tous des cons, et il a terminé avec le prix, très élevé, des pneus en Inde. En nous souhaitant bon voyage à la fin de la journée, il nous a demandé de lui faire de la pub sur les forums du routard. S’il voulait qu’on comprenne que son business était difficile, on a compris, s’il voulait qu’on dise à quel point il était génial, il s’est planté.

Après 437 marches, on était tout en haut du Rock Fort. De là-haut on a pu voir à quel point les Indiens aiment la couleur, même leurs maisons sont oranges, roses et violettes. Leurs vêtement sont colorés, leurs maisons aussi, leurs temples, leurs églises, leur visage sur lesquels ils peignent leurs croyances… L’Inde est un pays de couleurs. Au loin on voit la rivière asséchée. Dans quelques jours la mousson commencera dans l’état voisin, le Kerala, et alors à ce moment là, les rivières se rempliront et la vie reprendra ses droits dans des espaces qu’elle avait déserté depuis quelques mois déjà.

IMAG0860

Trichy c’est aussi une ville importante pour nous parce que c’est là que nous avons compris qu’à moins d’une énorme turista nous allions revenir avec 10 kgs en plus. Y a ceux qui maigrissent en Inde et puis y a nous… C’est tellement bon et tellement gras qu’on se sent gonfler à vue d’œil… On a donc pris une grande résolution, c’est la résolution concombre-pomme-mangue !

Trichy c’est une grande ville dans laquelle le temple principal est si grand qu’il est lui aussi devenu une ville. A Trichy, il y a une ville dans la ville. A côté des magasins, des bouiboui de rues, des mobylettes et de tous le bazar indien il y a des fermettes. Les vaches et les chèvres ont leurs abris et leur salle de traite sur le trottoir. Ce soir, on dort en plein centre ville, au dessus d’une salle de traite. Ce qui est bizarre en France est normal en Inde. Quand vous avez compris ça, vous pouvez enfin être paisible en Inde parce que vous cessez alors de vous demander constamment « mais pourquoi ils font ça, et pourquoi ils font pas plutôt comme ça, s’ils faisaient comme ça, ça serait mieux pourtant nan ?… »

12 juin, Le Chettinad

Voilà deux jours que Perumal prend le thé avec nous. Le midi et le soir il choisi les restaurants et nous mangeons tous les trois. L’avantage c’est que vu les bicoques dans lesquelles nous mangeons on ne peut pas faire plus authentique, et c’est vraiment super bon, l’autre avantage c’est que pour 3 personnes on dépense 100 roupies, soit 1,5€.

En revanche niveau hygiène, je doute que nous puissions faire pire. Pendant 2 jours on a défié les microbes et les bactéries, on s’est auto-proclamé les Rois du Monde en criant que rien ne pourrait nous avoir. Seb et Momo les invincibles !!!

Mais Momo-la-Reine s’est vite retrouvée veuve, son pauvre Sebou perdu sur les toilettes. On a beau être digne, la diarrhée fait partie de ces maladies qui ôtent toute dignité… Voici donc le schéma de la journée qui a suivi. Voiture-blabla-vite-vite-vite-toilettes-voiture-blabla-vite-vite-vite-toilettes… A l’infini et au-delà…

Pendant que Seb, perché sur son trône se vidait moi j’ai visité Le Chettinad, observé de magnifiques, vieilles et gigantesques maisons, j’ai parcouru le musée Gandhi. Chouette et émouvant à la fois.

Et puis on s’est vite trouvé un hôtel à Madurai pour que Seb puisse se reposer un peu. Pour son plus grand malheur, on a hérité d’une chambre avec des toilettes turques… Il a dormi 12 heures.

13 juin, Madurai

Voiture-blabla-vite-vite-vite-toilettes-voiture-blabla-vite-vite-vite-toilettes… A l’infini et au-delà…

A Madurai on a quand même visité un vieux palace dans lequel de nombreux films indiens sont encore tournés. C’était beau, mais y avait définitivement trop de pigeons. On a passé la visite le nez en l’air à l’affut de la première bestiole qui aurait l’envie de se décharger quelque peu…

CIMG0735En quittant Madurai on est passé devant des artisans qui travaillaient la soie à même le trottoir. Les fils étaient tendus sur une quinzaine de mètres et ils faisaient… Bah… Ils faisaient bien quelque chose mais on n’a pas vraiment saisi. Mais c’était quand même très impressionnant !

CIMG0702Aujourd’hui on change d’état, on quitte le Tamil Nadu pour le Kerala. Sur la route on a croisé de nombreuses familles qui célébraient des mariages. On s’est arrêté, Perumal a demandé si on pouvait prendre une photo, on a été accueilli comme s’il c’était agit de notre propre famille, ils nous ont même invité à manger. L’hospitalité chez les Indiens est certainement l’une de leur plus grande qualité. Ils se sont mis à prendre plein de photos de nous et on s’est vite senti un peu bête, les stars c’est les mariés, pas nous, alors on s’est éclipsé…

On a aussi fait une pause dans une ville dans laquelle il y avait un grand marché aux fleurs. On l’a traversé, on a humé et on est reparti les mains pleines de fleurs parce que nombre d’entre eux ont tenu à nous offrir une rose, ou autre. On est arrivé à la voiture avec notre précieux petit trésor en mains et Perumal a voulu accrocher toutes les fleurs dans mes cheveux. Je ressemblais à un vrai bouquet.

Retrouvez-nous dans le Kerala !

6 réflexions sur “Tamil Nadu

  1. Courage les copains ! Et continuez à alimenter votre blog, ça nous intéresse Delph et moi vu qu’on a commencé à se plonger dans les guides de l’Inde… Et ça nous aide à la préparation psychologique ! J’ai vu qu’on pouvait manger des kit kat, donc tout va bien 🙂

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