Kerala

14 juin, Kumily

CIMG0758Hier soir on est arrivé dans le Kerala, état du sud-ouest de l’Inde. Perumal nous avait prévenu « Kerala, mansoun, mansoun ! », comprenez mousson, mousson ! Sans mentir, à peine avions nous dépasser le poste fRontière qu’il pleuvait. Devant nous, le Kerala et la pluie, derrière nous, le Tamil Nadu et aucune goutte. Y avait comme une espèce de frontière invisible (la montagne) qui empêchait la pluie de passer. Un peu comme Tchernobyl en France. La magie quoi.

Sur le trajet, on s’est arrêté au moins 10 fois. Perumal nous a montré des plantations de cotons, des rizières, des plantations de cardamum, de jasmin, de plantes aphrodisiaques… D’autres encore dont j’ai oublié le nom et l’utilité. Ah si ! Y avait un arbre, si tu manges tous les jours quelques une de ses feuilles, tu es immunisé contre les morsures des cobras !

On s’est aussi arrêté dans une fabrique de briques, toutes faites à la main et vendues 0,09 cts € l’unité. Quand Perumal nous a dit que les artisans aimaient bien le savon et le dentifrice on a trouvé ça un peu bizarre mais on ne s’est permis aucune réflexion. Il a insisté et parlé de shampoing, de brosse à dents… On ne voyait vraiment pas où il voulait en venir. Enfin, au bout d’un moment on a fini par comprendre qu’en échange d’une photo, ce serait bien vu de donner aux personnes qui travaillent là-bas du savon et autre… On a vidé nos sacs et on a trouvé quelques échantillons qui trainaient de-ci de-là. Mais honnêtement on ne se sentait vraiment pas à l’aise. L’idée de leur donner du dentifrice nous remuait l’estomac… Je ne sais pas vraiment comment décrire ce que j’ai ressenti à ce moment-là. Mais Perumal a insisté, visiblement c’était vraiment bien faire que de leur donner nos échantillons.

Seb, en preux chevalier, s’est dévoué. La dame qui a eu l’immense honneur et la chance de recevoir ce merveilleux cadeau n’a ni scillé, ni souri, ni rien du tout. Elle a ouvert la main, a saisi les échantillons et s’est remise au travail.

CIMG0852Kumily c’est un village absolument touristique, mais étant donné le peu de touristes en cette époque on est très au calme. Du balcon de notre chambre qui donne sur une partie de la réserve naturelle du Periyar on peut voir des biches, des cerfs, des buffles et des sangliers…

On a visité des plantations d’épices, on a vu pousser la cannelle, le gingembre, la cardamum, le curcuma, le clou de girofle, la vanille, le café, le 4 épices (oui ce n’est qu’un seul et même arbre !)… On est reparti le nez tout émoustillé d’avoir respiré tant de bonheur…

Ensuite, on s’est offert un petit massage ayurvédique, c’est indien il parait… 90 minutes à se faire papouiller dans 5 cm d’huile… Jamais été aussi gras de toute notre vie…

On a terminé la soirée par un spectacle de Kalaripayattu, c’est de l’art martial indien. Y avait des épées, des poignards, des bâtons, du feu, de la musique, des cris… C’était sympa mais bien plus un show qu’un vrai combat.

On est vite rentré parce que demain c’est safari dans la jungle… Et debout 5 h !

15 juin, Réserve naturelle du Periyar

CIMG0848La veille, à la télé y a eu Jurassic park, vous imaginez l’état dans lequel on était alors en pleine réserve au milieu de nulle part… Sur-excité ! On s’attendait à voir des éléphants sauvages, des tigres, des lions… Tout !!!

Pendant que nous marchions, j’ai pensé à tous les autres treks que nous aurions dû faire avant, à tous ceux qu’on a raté parce Seb était pas au top de sa forme et qu’il refusait de voir une seule sangsue… J’ai pensé à Alban et Aurélie, à Delphine et Mathieu, à Alex et Yo. J’ai pensé à vous qui avez souffert de la chaleur et qui avez combattu vaillamment ces bêtes à sang.

j’ai pensé à vous qui aviez trop chaud, parce que nous on avait vraiment trop froid. Nan mais parce que y a ceux qui font des treks sous 40 degrés et puis y a nous qui faisons les treks pendant la mousson… Stupide, stupide, stupide ! En ce 15 juin 2013, l’expression « trempé jusqu’aux os » a pris tout son sens…

Il y avait la pluie, le brouillard, et surtout, y avait les sangsues… Les bêtes les plus gourmandes qu’il soit. Le chocolat et moi, c’est de la rigolade à côté, c’est l’histoire d’un amour raisonné. Les sangsues et nos jambes, elles, c’est l’amour fou et passionnel. Elles sont vicieuses et intelligentes. On avait beau avoir des chaussettes anti-sangsues, elles se débrouillent quand même pour venir te sucer le sang. Les 10 premières venues se coller à nos jambes, elles nous ont carrément fait peur, les 10 suivantes elles nous ont gâché la balade, les 100 dernières on ne s’en est même plus préoccupées. Notre guide, Aya, avait beau nous recouvrir de gros sel (elles aiment pas…), elles venaient quand même. Et impossible de les déloger, elles collent et s’accrochent ! Les pestes !

Avec Aya on a joué au chasseur, au moindre bruit, on regardait à droite, à gauche, en haut, en bas, à l’affut du moindre mouvement. A chaque trace suspecte sur le sol, on scrutait le paysage… A chaque crotte d’éléphant, il posait sa main dessus pour évaluer la chaleur… Pour le coup c’était quand même vraiment l’aventure… Y avait pas de chemin, alors on défrichait.

Au début on vantait la qualité de nos chaussures gore-tex et puis quand il a fallu traverser les petits ruisseaux qui s’étaient transformés pendant la nuit en rivières, on n’a plus rien vanté du tout. Le gore-tex ne résiste pas au bain dans 10 cm d’eau.

A force de défricher et de se prendre des branches dans la tête, forcément je me suis retrouvée avec une jolie sangsue sur la joue. La grognasse elle voulait pas partir… Et c’est pas drôle du tout.

CIMG0835Donc alors qu’on tremblait de froid, qu’on se battait contre les sangsues et qu’on espérait l’éléphant sauvage, on a vu des biches (mais en Nouvelle-Zélande ils font de l’élevage intensif de biches, donc on connait), des buffles (y en a de partout en Asie), des singes (merci, mais on connait aussi), des vaches sauvages (pfffff, une vache, sauvage ou pas, ça reste une vache je veux dire)… Bref rien de très excitant… C’est ma seule grande et vraie deception de ce trek. Moi je voulais juste voir des éléphants sauvages… C’est nul d’abord !

CIMG0849Quand enfin on a pu se mettre à l’abri, on a ôté nos chaussures, Seb avait le genou en sang… Saleté de bête !!!

Bon malgré tout, c’était sympa mais, un petit conseil, les treks pendant la mousson, évitez…

16 juin, Kumily

Il est 19 heures, depuis 10 heures ce matin je vous écris… Beaucoup de retard à rattraper et surtout trop rarement internet…
J’ai passé la journée sur le balcon à écrire et regarder la réserve, on a vu plein de bêtes, c’était vraiment chouette. Y a des centaines d’oiseaux différents, perso, ça me fait pas trop d’effet, mais je pense à toi Yoyo.

Bon il fait aussi vraiment froid. On a sorti les chaussettes, les pantalons, les pulls et les duvets mais on frissonne quand même. Dans la chambre, on a étendu des fils pour faire sécher nos vêtements, mais l’atmosphère est tellement humide que tout est toujours trempé.

Tout à l’heure en sortant des toilettes, j’ai glissé, je suis tombée et ma cheville a craqué. Alors que j’étais en pleurs par terre, Seb faisait de grands gestes et disait tellement de gros mots que je peux pas l’écrire. Mais c’est un bon amoureux alors il a sorti la pharmacie, et m’a passé de la crème. Quand j’ai pris le tube de crème que j’ai lu, j’ai pris un fou-rire… Seb a soigné ma cheville foulée avec de la crème anti-hémorroïdale… Et bah n’empêche que mon chéri c’est un magicien parce que je suis guérie.

17 juin, sur la route pour Allepey

CIMG0878Bon en fait non. Non la crème hémorroïdale pour les contusions, ça ne marche pas… Pourtant il y a mis tout son cœur hein. Il a massé encore et encore et c’est tout enflé. On est donc passé aux choses sérieuses ! La crème pour les entorses !!! Alors j’ai le pied tout moche mais la bonne nouvelle c’est qu’il bouge et que je n’ai pas (trop) mal.

Ce matin on a du quitter notre belle chambre, notre réserve naturelle, nos biches, nos sangliers, nos buffles, nos vaches sauvages, nos oiseaux… On se sentait bien nous là-bas pourtant. On serait bien resté encore. En partant on s’est arrêté dans une petite boutique et on s’est offert une tenture M-A-G-N-I-F-I-Q-U-E ! J’ai trop hâte de la sortir ! Bon par contre elle est si grande que quand on rentre on s’achète une ferme. Ou un loft. Un truc avec des grand murs quoi. peut être un château… On verra bien…

Le Kerala c’est une région trop chouette, il y a des hectares et des hectares de plantations de thé. Donc forcément on a visité une fabrique de thé ! Ca sentait bonnnnnn !!! Comme d’hab on n’a pas tout compris mais on a quand même essayé de retenir l’essentiel. En gros sachez que dans le Kerala, il n’y a qu’une variété d’arbres à thé et que suivant le procédé d’oxydation, de pressage et de blablabla on obtient du thé vert, noir, rouge… Et après on peut rajouter de la cannelle, du citron…

A Allepey c’est la mousson, mousson, mousson… Pour info, dans les photos ci-dessous, sachez qu’en période sèche il n’y a pas de cascade, et que là où vous voyez un lac, ce sont des rizières… On a eu une petite heure d’accalmie alors on en a profité pour mettre le nez dehors et aller faire un tour à la plage. Mais la pluie est vite revenue. Mais c’est pas grave on a internet (dans le hall d’entrée uniquement hein, pas dans la chambre, faut pas abuser non plus…) et TV5 Monde… Ca arrive si rarement que ça vaut le coup de le préciser !

18 juin, Allepey et Marari Beach

Le principal intérêt touristique d’Allepey ce sont les backwaters, il s’agit de nombreuses lagunes, très typiques dans le Kerala. Il y a tellement de lagunes et de canaux que c’est un véritable réseau aquatique navigable. On peut naviguer en gros bateau et faire ainsi plusieurs dizaines de kms, on profite alors de paysages somptueux où l’eau, le ciel et la terre se mêlent en parfaite harmonie, enfin ça, c’est ce que j’ai lu parce que nous on avait décidé de ne faire que quelques kms seulement, à bord d’un canoë.
Alors à gauche c’est les house boat, les gros quoi, et à droite, bah, c’est ceux qui prennent la pluie…

Et bah oui, parce qu’on essaie (parfois) de faire les choses bien. Alors déjà on n’utilise plus la clim, dans le Kerala pas vraiment de raison d’être fier, il fait froid. Ensuite on n’utilise plus non plus d’eau chaude, mais ça non plus, ça compte pas vraiment dans notre cahier « bonnes actions », tout simplement parce qu’il n’y presque jamais l’eau chaude en Inde… En revanche, là pour le coup, on avait vraiment décidé de prendre un canoë parce que les désagréments causés par l’utilisation des gros bateaux commencent à devenir très sérieux.

Seulement voilà, ce matin, en montant dans la voiture Perumal nous a dit « no boat today, mansoon too dangerous ». Mais moi j’ai pensé, « nan mais ça veut dire quoi ça ? Et alors la mousson, les bateaux ils flottent nan ? Alors c’est quoi le problème ?! » Et avec une grosse voix grave il a conclu « Newspaper, this morning, yesterday a honeymoon couple, boat broken, dead ». (Petite traduction pour nos amis non-anglophones, un couple en lune de miel est décédé hier, leur bateau s’est cassé.)

Bon, bah, d’accord… dans ces cas-là…

IMAG0635(Une photo « sympa » et complètement hors contexte pour agrémenter le paragraphe parce que je n’ai rien qui correspond… Emilie, je te la dédie !) Alors voilà, nous on est venu pour visiter les backwaters. Et les backwaters veulent pas de nous. Déjà qu’on était de mauvaise humeur ce matin… Oui parce qu’on a passé la nuit dans un hôtel relativement cher (20€ tout de même, pour l’Inde c’est plutôt dingue…), un hôtel soit disant 3 étoiles. C’était Perumal qui l’avait choisi. Rappelez-vous, on le laisse choisir de temps en temps nos hôtels, comme ça il a une commission ou une chambre… Bref, déjà cet hôtel était ultra humide, à tel point qu’on avait du mal à respirer. Donc bon, une fois les poumons mouillés, on s’habitue mais alors quand on se fait attaquer par des punaises de lit…Enormes, pleines de sang et nous plein de boutons qui démangent, qui démangent… Une nuit plutôt ratée. Et le pire c’est quand le lendemain on a quitté l’hôtel, ils nous ont demandé 39 roupies (soit 0,54 cts d’€) pour je ne sais quelle raison… On s’est battu contre cette extorsion injuste comme s’il s’en était allé de notre propre vie. Faut arrêter de déconner quand même !

Sur les photos google ça avait l’air sympa cette petite plage. Mais c’était compter sans la mousson. La plage sous des trombes d’eau c’est tout de suite moins fun… Après une sieste de 4 heures (fallait bien que je récupère de ma non-nuit…) le ciel avait enfin décidé de se calmer un peu. Alors on a pris un petit goûter romantique sur le sable, face aux vagues déchainées. Les chiens errants et quelque peu insistants on plusieurs fois essayé de mous voler notre chocolat mais les pêcheurs veillaient sur nous. A chaque fois qu’un chien s’approchait d’un peu trop près, un pêcheur le faisait fuir…
A côté de moi, c’est Perumal !

En Inde y a ceux qui font semblant d’être gentil pour t’extorquer par la suite un peu de sous, et puis y a ceux qui sont vraiment gentils. Et rien que pour ceux-là, on oublie (presque) les autres. Beaucoup sont curieux et nous parlent juste pour le plaisir d’échanger et de partager. Plus le temps passe et plus ce pays nous montre son beau visage. Ca ne fait pas très longtemps qu’on a débarqué ici, et y a quelques jours encore je me demandais ce qu’on faisait là. L’Inde est sans conteste un pays aux milles visages.

On a passé la nuit chez l’habitant, tout près de la plage, une famille absolument charmante et surtout très surprise de nous voir arriver, la mousson ayant fait fuir les derniers visiteurs. L’avantage avec la mousson, c’est qu’on est seul, et même dans les lieux touristiques. C’est sur qu’on n’est pas embêté par la foule et tout à l’air d’être plus typique. Je ne sais pas si ça l’est en réalité, mais c’est l’impression qu’on en a et on se sent tout à la fois Christophe Colomb et Vasco de Gama… On n’a pas vu un caucasien depuis… Pfff me rappelle même plus ! En revanche, si à part nous il n’y a pas un seul touriste c’est peut être parce que marcher dans l’eau, sous un pancho, sous un parapluie, être constamment mouillé, dormir dans des chambres humides, avoir des chaussures qui puent le moisi parce qu’elle refusent de sécher, bah finalement ça peut vite s’avérer être très chiant en fait…

19, 20 juin, Fort Cochin

Après avoir visité les trucs chiants de rigueur dans tout voyage touristique (au début c’est pas chiant, mais les églises, les temples, les mosquées et les synagogues… Merci bien ! (D’ailleurs, que visiterait-on s’il nous n’étions pas tous de si fous fervents ?)) Bien, cette petite parenthèse philosophique étant maintenant fermée, je reprends.

IMAG0704Kathakali… Ca sonne comme un cri de guerre japonais, mais c’est un spectacle indien de théâtre, de chant et de danse tout à la fois. Jamais vu un truc pareil. 1h30 de temps a été nécessaire pour le maquillage des personnages. C’était chouette d’assister à ce moment à la fois public et intime. Les couleurs et les formes du maquillage sont codées en fonction du personnage, de son sexe de sa hiérarchie… Tous ces hommes (les femmes ne peuvent pratiquer le Kathakali, donc quand il y a un personnage féminin, il est joué par un homme) assis à même le sol, avec leur petit miroir, leur pinceaux et leur pot de peinture qui se préparent avec la plus grande précision, ça laisse pantois. Les grandes épopées indiennes sont mises en scène et jouées au rythme des chants et des percussions lors d’une représentation d’un peu plus d’1 heure. Les costumes d’une grande beauté assortis aux maquillages colorés participent à l’aspect grandiose du Kathakali. Traditionnellement il n’existe qu’une centaine d’histoires, mais toutes ne sont pas jouées. Ce serait simple si ça s’arrêtait là.

IMAG0712Mais le Kathakali ce n’est pas que ça. C’est avant tout une pièce de théâtre. Mais sans parole. Pour communiquer ils ont plusieurs « outils » à leur disposition. Les rasas, ce sont les expressions du visage, il y en a neuf, qui expriment l’amour, la pitié, le dégoût… Les mudras sont les mouvements des mains, il y en a 24, avec il forment des mots et parfois des phrases, ca ressemble un peu au langage pour les personnes sourdes et muettes. Et pour clore le tout, certains concepts ont des danses à eux, ainsi pour dire, soleil, éléphant ou lune c’est tout une suite de mouvements très précis. Donc sur scène, ils mélangent les signes, les expressions et les concepts, et ils communiquent ! Je vous jure que ça marche !

C’est bluffant de se dire que si t’es Indien tu es capable de comprendre ce qui se passe sur scène. Si t’es comme nous, c’est comme regarder Canal + sans le décodeur… Tu les vois bouger, faire des trucs avec leurs pieds, leurs mains, remuer les sourcils, tu sais que ça veut dire quelque chose, mais tu sais pas quoi. Alors du coup c’est vite ennuyant… Ca doit être magnifique pour les initiés, mais pour les touristes de passage c’est tellement « contemporain » que tu passes le temps de la représentation à osciller entre le « wouahhh, alors là respect » et le « pfouahahahahahahahah » (fou-rire I-N-S-T-O-P-P-A-B-L-E). Pour info, 15 années d’apprentissage sont nécessaires avant de de pouvoir se déclarer « acteur-danseur » de Kathakali.

CIMG0933Cochin c’est une ville assez agréable. On s’y balade aisémment, ce qui change de toutes les autres villes en Inde ! Pas, trop de voitures, pas de trop de klaxon, pas trop de pollution et même des rues piétonnes ! Sans rire ! Bref, une ville chouette, où l’on peut rester quelques jours sans avoir à penser aux anxiolytiques et autres antidépresseurs…

On a aussi réussi à faire un peu de bateau !!! C’est une journée sans pluie aujourd’hui…

On a aussi fait un petit détour par les fishing nets, ces grands filets tendus par les pêcheurs. C’était très très beau. Un pêcheur nous a même invité à monté sur ce truc flottant pour assister à la pêche. En partant, le pêcheur à bloqué Sébastien, des potes sont arrivés, l’ont encerclé et le « chef » a dit « now give me 500 rupies » (7€)
Faire semblant d’être sympa pour ensuite mieux racketter… Pendant 2 secondes tu te demandes s’ils vont te jeter à l’eau si tu dis non… Bah non, nous avons regagné la terre ferme, ils ont crié quelque chose qu’on n’a pas compris et on est parti. Peut être qu’ils nous ont jeté un mauvais sort… Un mauvais sort indien ?

Ah oui et si jamais vous passez par là-bas, logez à Vintage Inn, pas cher, trop cool, trop sympa, propre et des cornflakes au petit dej… Ca change des dosa…

Demain on rejoint Mettupalayam, 8 heures de voiture…

21 juin, Mettupalayam

Mettupalayam c’est une ville sans intérêt aucun, à part le fait d’être le départ du petit train que nous prendrons demain ! Et classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco s’il vous plait ! C’est un petit, tout petit, train à vapeur qui traverse des régions parait-il, magnifiques. Le train, le Nilgiri Mountain Railway, part à 7h10 du matin mais l’hôtesse qui nous a vendu les billets nous a dit qu’il fallait y être pour 5 heures. Perumal, pour plus de sécurité, nous ordonne/demande (‘y avait bien un point d’interrogation à la fin de sa phrase mais c’était plutôt formulé comme un ordre…) d’y être pour 4h30… Bien… Bon bah on va se coucher hein…

22 juin, entre Mettupalayam et Ooty

CIMG1047Se lever à 4 heures alors que nous sommes en vacances depuis quelques mois… Ca pique les yeux.  Il est 4h30 quand on arrive à la gare et sans mentir, ‘y a déjà une dizaine de personnes devant nous qui font la queue. En fait t’as beau avoir un billet, t’es sur liste d’attente donc si tu veux monter dans le train (90 places selon mes approximations tout à fait approximatives…), faut être dans le devant de la queue.

Par contre faut gérer l’installation à bord du train. Les fenêtres sont petites, on ne voit pas grand chose à travers et surtout faut être du côté gauche, parce que la vue est à gauche… Nous sommes entassés sur des bancs, 5 personnes par banc. Si t’es à côté de la fenêtre gauche, banco, t’as tout gagné et tu vas pourvoir profiter de tes 5 heures de voyage, pour les 4 à côté, tu peux avoir pitié, parce qu’ils n’y verront rien et passeront la totalité du trajet à dormir et à se retourner dans tous les sens parce que c’est vraiment pas confortable…

CIMG1067On a fait les chiens enragés et on a remporté une place fenêtre côté gauche ! En face de moi y a un mec qui bave, il a ses lunettes sur le nez alors que le jour n’est pas encore levé et surtout, son portable qui date de Mathusalem, grésille des chansons indiennes, 300 décibels de trucs incompréhensibles, derrière nous une dizaine d’enfants qui hurlent, 300 décibels de gosses… Plus que 5 heures à tenir…

Nan mais nan, mais nan, mais nan !!!! NOOOOOOOON !!!!
Y a pas de prise électrique dans les trains de la SNCF mais par contre dans le train à vapeur le plus vieux de l’Inde (1899) on peut recharger son portable pour faire profiter à tout le wagon de sa musique pourrie ?!!! NON, NON, NON ET NON !!!

Sinon sur la route c’était quand même vraiment chouette. Les paysages sont splendides, la faune et la flore vraiment très riches mais 5 heures c’est un peu long quand même… Une petite galerie pour vos beaux yeux !

Le même jour à Ooty

A Ooty on a été méga efficace. Botanic garden, parc aux roses, fabrique de thé (oui encore mais c’est trop cool), fabrique de chocolat (et ouais !), Fernhill Palace, et enfin marché ! Ca, plus les 5 heures de train de ce matin, vous voyez un peu ?! Nan mais c’est pas de tout repos de voyager hein… Faut pas croire ! On est exténué nous ! Et en plus je vous rappelle que le temps est très moche ici !

Dans l’usine à thé, cette fois on a eu le droit de prendre des photos. Ca sentait tout aussi bon que dans la dernière. Par contre cette fois, on a rempli notre valise de masala tea… Hummmmmmm… Nan mais absolument que vous goutiez… C’est tellement sucré et y a tellement de lait que ça ressemble plus à un chocolat chaud qu’à un thé. Je nous imagine cet hiver, devant la cheminée avec notre tasse de thé bouillante dans les mains…
Quand au chocolat… C’est pas le lindt de chez nous… C’est mieux !!! Beaucoup mieux ! Mais ça, malheureusement, ‘y en n’a pas dans notre valise…

Au botanic garden et dans le parc au roses où il n’y avait pas de roses parce que c’était pas la saison, on a traîné malgré la pluie. Un peu de verdure et quelques boutons de fleurs c’est toujours très agréable !

CIMG1267Au Fernhill Palace, la résidence d’été du Maharadja de Mysore, (oui, lui il a une résidence pour chaque saison) on a fait les bourges et on a bu un petit thé à 10 fois le prix que celui qu’on achète dans la rue. Il était bon, mais moins que ceux de la rue. Comme quoi hein ! En tout cas à l’intérieur c’est gigantesque, tout en bois, un peu sombre, avec des vieilles photos qui ornent les murs, au côté d’animaux empaillés…

Quant au marché, on en a fait beaucoup, beaucoup, beaucoup en Asie. Mais celui-là, il était mieux !

Quand enfin la nuit est tombée, on était complètement mort, qu’une envie, celle de dormir. Mais quand on est arrivé dans la chambre, les fenêtres ne fermaient pas et les couvertures étaient mouillées d’humidité. 16 degrés dans la chambre… Pour finir en beauté, le lendemain quand on a voulu prendre une douche d’abord ‘y avait pas d’eau chaude mais surtout, ‘y avait pas de douche en plus… Je précise que la chambre nous avait coûté la modique somme de 25 €… Quand on a quitté la chambre, on s’est arrêté à la réception et je me suis transformée en « femme-de-fer-gant-de-velours ». On a refusé de payer le repas du soir, ça a duré quelques minutes, ça ressemblait pas vraiment à de la négociation parce qu’on leur a pas vraiment laissé le choix… Ils nous ont laissé partir. On est monté dans la voiture trop fier de nous, on se fait pas avoir comme ça, c’est fini le temps où on se faisait marcher dessus !

IMAG0865Dans la voiture, on a très vite déchanté. Perumal était hyper mal à l’aise, il parlait, mais on comprenait pas ce qu’il disait tant il était stressé. Il disait qu’il voulait aller payer ce qu’on devait. Je comprenais pas et surtout je ne voulais pas. Finalement on a finir par entendre que le jeune homme qui nous avait monté le repas dans la chambre hier soir, avait payé avec son propre argent et que la somme qu’on devait n’était pas pour l’hôtel, mais pour lui. Alors on a payé… On faisait plus du tout les malins…

23 juin, sur la route pour le Karnataka

Sur la route on s’est arrêté dans un restau tout sombre, tout local, dans lequel on aurait jamais mis les pieds si Perumal n’avait pas été avec nous. A l’intérieur, ils cuisinaient au feu de bois. On a pris notre petite déjeuner là-bas. Tout était parfait, la nourriture, le cadre, le feu qui crépitait, le thé bouillant, leur sourire, leur gentillesse… Tout, sauf leurs chaises. Quand je me suis assise, elle a pas voulu de mes fesses, elle s’est écroulée sous mon poids (j’ai maigri pourtant, je comprends pas !). J’ai poussé un petit cri pas viril du tout et je suis retrouvée par terre. Ils ont tous accouru. Tous.

Après le p’tit dej, on s’est baladé sur des collines, très hautes… ‘Y avait tellement de vent que si on avait été des cerfs-volant, on se serait envolé…

On change d’état ! Rejoignez-nous dans le Karnataka !

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4 réflexions sur “Kerala

  1. et ben Morgane qu’est ce qui t’étonne ? Nous, on le sais tous qu’il faut faire cuire les sangsues avec du gros sel et que les hémorroïdes et les chevilles sont très très proches médicalement !

  2. Maryse,
    J’espère que vous allez nous rapporter de très bons thés!
    Morgane pour ta cheville, tu es bien placée pour un massage (ayurvédique)

    • Ne vous inquiétez pas pour le thé Maryse, entre tout ce qu’il y a dans le colis qui est en route et le kilo dans notre sac, on aura de quoi se faire des tasses de thé devant la cheminée !

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