Calcutta

CIMG050530 mai, Calcutta

Je m’étais tellement préparée à tout et surtout au pire que quand on est arrivé à Calcutta je ne me suis pas dit « je veux ma maman ». Evidemment c’est très pauvre, plus que tout ce qu’on a vu jusqu’à aujourd’hui, évidemment c’est très sale aussi et y a énormément de bruit. D’ailleurs, je crois que c’est la ville la plus bruyante au monde. En vrai, j’en sais rien mais mes oreilles me disent que si. J’appréhendais tellement notre chambre d’hôtel que finalement elle aussi se retrouve être une bonne surprise.

N’allez quand même pas croire que c’est les Seychelles ici hein. La rue appartient d’abord aux ordures et aux flaques d’eau croupissantes. Les microbes sont les « rois ». Ensuite y a les milliards de taxis qui roulent en Ambassadors jaunes, qui foncent à vive allure sans trop prêter attention aux piétons et qui ont la main collée sur leur klaxon (le Vietnam à côté d’ici c’était de la rigolade). Après viennent les mendiants, les clochards, les sans-un-sous tout crado dont il est difficile d’affronter le regard. Y a les hommes-chevaux aussi, il tirent des charrettes sur lesquelles voyagent ceux de la caste supérieure. Et comme si ce n’était pas assez difficile pour eux, ils sont nus pieds. Pour info c’est tellement sale que nous avons troqué nos tongues non pas pour nos petites chaussures fermées mais pour nos chaussures de rando. Plus c’est haut, plus c’est épais, plus ça ferme mieux c’est. La suite logique, ce serait de mettre dans les mains des transportés une cravache… Mais peut-être qu’eux même se disent que ce serait juste un peu abusé.

Y a aussi tous ces cuisto à même le trottoir, parfois ça sent le nan et le thé. Dans ces moments là on voudrait arrêter le temps, une pause odeur-poubelle, ça fait du bien. D’autant qu’il y a beaucoup de vendeurs de peintures et autres produits toxiques. Ca pique le nez. Il y a même une rue-administration, où les lettrés attendent le client avec leur machine à écrire vieille de la pierre de rosette.

Ah et puis n’oublions pas non plus ceux qui se lavent dans la rue, ceux qui font leur lessive dans la rue, ceux qui mangent dans la rue, travaillent dans la rue, dorment dans la rue… Ici le privé n’existe pas, la rue, espace public par excellence est un lieu de vie, c’est là où tout se passe.

Et parmi tout ça, y a deux touristes, nous. Et on se sent un peu seul. Beaucoup en fait. Les gens nous suivent, ils essaient de nous toucher, ils nous fixent… Et je ne vous parle même pas du regard des hommes sur moi. Mon prochain achat ? Un voile.

CIMG0177Ah mais non ! J’oubliais le plus important ! Ici, les vaches, les rats, les cochons, les chèvres et les corbeaux se baladent sur les trottoirs et dans la rue, comme chez nous dans les champs, ils font de cette ville un foutoir si énorme qu’à moins d’y venir faire un tour je crains que vous ne puissiez saisir l’ampleur de la folie qui y règne.

31 mai, Calcutta

CIMG0174Y a bien une rue un peu plus touristique que les autres qui héberge deux ou trois resto et à priori des dizaines de cyber café. On a mis la matinée pour la trouver et une fois sur place on a encore mis une heure avant de pouvoir enfin s’installer face à un ordinateur. Coincé entre une petite pièce où une famille y cuisine des gâteaux et une autre encore plus petite où un vieil homme repasse du linge avec un fer à repasser qui a l’âge de mon arrière grand mère il y a eu ce minuscule cybercafé (peut-être 4 m2) à la connexion plus que limitée. Là-bas, les puces ont pris possession de nous. On a le corps recouvert de boutons mais on a quand même réussi à réserver 2 billets d’avion, dans trois jours on part pour le Sud ! On aurait aussi pu partir en train mais c’était 27 heures de trajet…

On a « sympathisé » avec un des gars qui travaillait là-bas et il nous a invité à manger avec lui. C’était chouette parce qu’on a mangé local, avec les mains et tout mais c’est pas vraiment de la sympathisation… C’est pas facile de sympathiser avec Indien parce que dans 90 % des cas, il a une idée derrière là tête. Quand toi tu le regardes, tu le vois lui, quand lui te regarde, il voit ton porte-monnaie.

1er, 2, 3 mai, Calcutta

CIMG0533Calcutta c’est comme une bombe à retardement. En tout cas c’est l’effet que cette ville a eu sur moi. D’abord j’ai cru que je pourrais m’y faire, que je pourrais gérer émotionnellement toutes ces odeurs, toute cette misère, ces gens malades, ces gens mendiant, ces enfants qui s’amusent malgré tout… Et puis quelque chose s’est insinué en moi et tout d’un coup je n’ai plus voulu sortir de la chambre. 2 jours donc, cloitré à ne sortir que pour aller manger, à pleurer parfois et à se demander ce qu’on fait là. Pour la première fois j’ai compté les jours qui nous séparaient de la fin du voyage. Seb a fait tout ce qu’il a pu. D’abord il a évoqué Stouph et Mimine qui vont pas tarder à arriver mais comme ça ne suffisait pas, il m’a couverte de chocolat. Désolée les filles mais on ne lutte pas contre le chocolat…

Deux heures de vol et on rejoint la région du Tamil Nadu, dans le Sud Est de l’Inde…

Buddha, Allah, Jésus et tous les autres, faites que ce soit mieux…

Merci !

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2 réflexions sur “Calcutta

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